Juillet.

Volcan Chachani (6075m) - Arequipa, Pérou.


Cusco. 

Mercredi 5 juillet, Cusco

Terminal de bus. 5h du matin. Poser les pieds sur le sol péruvien et se faire instantanément harcelé pour de la nourriture, des taxis… Si je commence à avoir l'habitude, ils sont cette fois-ci particulièrement insistants. Sortir du tumulte, et prendre un petit café en bordure du terminal. Un vrai café! Non pas soluble comme ils l'étaient en Bolive. 

Je ne le sais pas encore, mais ce sera ce que représente pour moi mon séjour au Pérou: un confort accru, une qualité soudain retrouvée, mais entouré d'un intérêt extrême pour l'argent, une façon légale ou non de vous soutirer le maximum de ce qu'il est possible. Ce pays me laissera un petit goût d'aigre-doux (la partie aigre plus prononcée)… 

Prendre un taxi, arriver sur la place d’armes au lever du soleil. La place est vide, la ville dort encore. De ces moments que j’aime, hors du temps, privilégiés. Devoir attendre jusqu’à midi que l’auberge me permette de faire le check-in, alors m'installer dans un café… Enfin un de ces moment attendu, un vrai café, internet en état de marche… je me fais plaisir, écris, me pose. J'y resterai entre 4h-5h. 

Au milieu de la journée, le contraste est frappant! La place est envahie de touristes, en pantalons de treck, chapeaux et chaussures de marches! Nous sommes en plein centre ville, je suis en Jeans et Converses… Après tous ces mois hors saisons et dans une solitude relative, le choc est violent; il doit y avoir trois à quatre touristes pour un Cusqueño. En marchant dans la rue, je suis harcelé pour des massages, des restos, des peintures, de la marijuana… Les magasins emplissent les rues, vendant du matériel électronique, des habits de marque… J’ai l’impression d'être rentré en Europe, tout est presque trop facile. J’ai envie d'acheter nombre de choses, juste pour le plaisir de pouvoir le faire, parce que c’est la première fois depuis longtemps que je n'ai pas eu cette possibilité. Apprécier ce soudain regain de confort, d’organisation, qui rend ma vie soudainement plus facile et agréable. Et se confronter à ce tourisme de vacanciers, qui parlent anglais, et ne sont là qu’une à deux semaines le temps de voir le Machu Picchu. 

Plaza de armas - Cusco, Pérou.

Découvrir cette ville, sa richesse et les premières traces flagrantes des Incas. Voir ces murs de pierres, où les pierres taillées et patiemment poncées sont agencées en un puzzle savant; un Tetris grandeur nature, et vieux de plus de 1'000 ans. 

Voir au coin de rue ces fliquettes sexy, maquillées, qui pianotent sur What’s app à longueur de journée. Ou ces caissières, serveuses, guides, qui vous font attendre, le sourire au lèvre, le temps qu’elles finissent d’écrire leur mot doux! 

Et le soir, voir ces policiers dans les rues, donnant du sifflet, mais n’organisant rien. Avec un panneau vert/rouge, véritable feu de signalisation vivant. Ou les voir au milieu de rues droites, sans croisement aucun, parfaitement inutiles, faisant signe aux voitures de continuer à avancer… 


Cerro Vinicunca.

Dimanche 9 juillet, Cusco

Cerro Vinicunca / Rainbow Mountain (5200m) - Cusco, Pérou

Partir pour la « Rainbow Mountain », le mont Vinicunca de son vrai nom, à plus de 5200 mètres d’altitude, montagne colorée de multiples couleurs par ses différents minerais. Départ de l’hostel prévu à 3h du matin, pour ne finalement quitter la ville qu’à 5h. Arriver sur place, le temps de prendre un petit déjeuner et de commencer l’ascension. La communauté locale louera des chevaux aux plus fatigués, faisant ainsi la montée et descente plusieurs fois par jour. Je monterai ainsi à pied, aux côtés de femmes en bottines et maquillées, se prenant en selfie sur leur monture, et paraissant aussi exténuées que si c'est elles qui portaient leur monture… 

Arriver au sommet, non sans sentir le souffle manquer, et soudain le vent souffler à nouveau. Dans le froid et le vent, c'est un nouveau record pour moi! J’ai désormais passé les 5'000 mètres d'altitude! Profiter du sommet, manger un Kinder Bueno ici à 5200 mètres! Puis, avec le guide, et deux autres membres du groupe, le temps nous manquant, nous sprinterons, à 5'000m d'altitude, jusqu’à l’ouverture de la vallée rouge, plus loin… 

Voir une femme péruvienne de notre groupe, la trentaine, au physique parfait et sexy au possible, sans sac ni accessoire, parfaitement adaptée, voyageant avec sa fille de moins de dix ans. Alors que nous, occidentaux, ne ressemblons à rien sous nos divers couches d'habits, d'équipements et de sacs, elle est en tenue moulante, libre, maquillée alors même qu'elle s'est levée à 2h du matin, avec une enfant obéissante et heureuse malgré la fatigue. Elle m’impressionne, par sa légèreté, sa facilité d'adaptation, son organisation: sa liberté!

Il me reste beaucoup à apprendre… 


Salkantay treck. 

Lundi 10 juillet, Mollepata

Le lendemain, partir pour le Salkantay treck, nommé l'un des 25 plus beau treck au monde d'après le National Geographic. 5 jours de marches qui m'amèneront au Machu Picchu. 

Salkantay treck - Cusco, Pérou

Le premier jour, nous chargerons une partie de notre équipement et nourriture sur des mules qui nous accompagneront. Pas plus de 6kg par personne. Petit groupe sympa, nous commençons à monter dans un paysage vert et chaud, mais très vitre la végétation se fait plus rare et laisse place à un paysage de montagne. Nous atteindrons le refuge en début d'après-midi, le temps de s'installer et de continuer en direction d'une lagune, un peu plus haut: la Laguna Humantai

La nuit sera froide. 

 

Mardi 11 juillet, Salkantay

Dans le froid du matin, le paysage montagneux se mélange à une lumière dramatique qui traverse les nuages et nous donne l'impression de se retrouver dans un décor du Seigneur des Anneaux. Nous commençons à monter dans le froid, le soleil se levant timidement. Nous montons, atteignant le col de Salkatay, à 4'600 mètres, son sommet enneigé nous dominant. Le vent, le froid et la neige sont à nouveaux nos compagnons. Arrêt à hauteur du col, le temps pour notre guide de nous initier à une cérémonie de Pachamama (La Terre Mère) en Quechua, à l’aide de feuilles de Coca, d’alcool, invoquant les divers esprits des peuples Incas, tels que l’esprit du Condor, du Puma, ou du serpent… 

Salkantay treck - Cusco, Pérou

Nous commençons la descente de l'autre versant, laissant place à un paysage de mousses et de pierres, nous projetant soudain au milieu de l'Irlande. La descente continue, nous emmenant sans que nous en ayant conscience dans un paysage de jungle, où l'air froid de la montagne a laissé place à un air chaud et humide, et où nous marcherons soudain silencieusement, à la recherche des colibris qui volettent le long du sentier… 

 

Mercredi 12 juillet, Santa Teresa

La descente continue, longeant le fleuve. Nous aurons droit à quelques peintures de guerre faites par notre guide à l’aide de baies sauvages, de se faire humilier lors d'un match de foot Pérou/Europe à 3000m d'altitude, et de profiter de l'ambiance de ce groupe extraordinaire! Arriver au refuge, manger, profiter des hamacs, boire un café cultivé ici même, et prendre un bus qui longera avocatiers, caféiers, fruits de la passion, pour nous enmener à Santa Teresa, l’occasion de se baigner dans des bains thermaux naturels, et première "douche" depuis notre départ… 

Salkantay treck - Cusco, Pérou

Au retour, faire la fête, aidé d'Inca tequila, dansant jusqu'au milieu de la nuit, et terminant au Club du coin, totalement désert avec PM et Tanguy. Merci les gars! 

 

Jeudi 13 juillet, Hydroelectrica / Aguas Calientes

Partir au matin pour la plus grande tyrolienne d’Amérique du Sud: 5 lignes, dont un pont suspendu, des lignes de 500m à 1000m de distance! L'occasion de sensations fortes, que ce soit la tête en haut, en bas, à l'horizontal… 

Arriver ensuite à Hydroelectrica, avant poste le long des voies de chemin de fer, où quelques étales nous permettent de manger. Puis, à pied, suivre les voies de chemin de fer en direction d'Aguas Calientes, la ville située au pied du Machu Picchu. Aujourd'hui, les enseignants en grève*** auront bloqués les trains -seul accès au pied du Machu Picchu et levier important sur le gouvernement- poussant les poteaux électriques sur les voies. Les trains ne circuleront pas, tout le monde longeant les voies sur plus de 10km, jeunes, vieux, vieux en fauteuils roulant, malades, touristes, locaux, porteurs… 

Une écharde dans le pied me gène un peu, qui se cassera en essayant de l’enlever. Peu importe, nous arrivons à Aguas Calientes, ville artificielle dédiée au tourisme, dans la soirée, le temps de manger et de nous coucher tôt: le lendemain matin, le départ pour le Machu Picchu est prévu à 4h. 

***Depuis que je suis arrivé au Pérou, les enseignants sont en grève. Des grèves violantes, bloquant routes, sites, accès. Nombreux sont les touristes (et les locaux) qui devront faire avec, et modifier leurs plans. Leurs motivations: après 8 années d'études financées par leurs propres moyens, leur salaire est 3x moins élevé que celui de la police (corrompue), pour laquelle il n'est demandé qu'une année de formation, payée par l'état. 

 

Vendredi 14 juillet, Machu Picchu

Partir à 4h00 du matin. Dans le noir et le silence, nous voyons l’ensemble de la ville qui s’éveille et marche en silence; les uns en direction du pont reliant l'accès au Machu Picchu, les autres commençant la file d’attente des bus qui y montent. En moins de dix minutes, des centaines de personnes font la file. Arriver au pont vers 4h30, entre trente et 50 personnes devant nous, et attendre l’ouverture prévue à 5h. 

L’ouverture se fait, contrôle des billets et des passeports, et nous commençons l’ascension des marches. Tout le monde se précipite dans la montée afin d’arriver les premiers au Machu Picchu. Plus expérimentés, nous partons légés, en t-shirt dans le froid, à notre rythme, un petit groupe de trois, Tanguy, Hugues et moi. Moins de dix minutes plus tard, nous aurons déjà dépassé la moitié des gens nous précédant, qui s’arrêtent, partis trop vite, ou pour enlever leurs couches d’habits. Nous maintenons notre rythme, soutenu mais pas exagéré, dépassant un à un ceux qui nous précédent. Nous monterons les 1700 marches en 40min, et arriverons respectivement 7, 8, et 9ème au Machu Picchu, tous les trois trempés. 

Machu Picchu - Aguas Calientes, Pérou

Entrer sur le site, admirer le soleil se lever à travers les montagnes et les ruines, un moment particulier. Une visite guidée du site nous permet de mieux l'appréhender, de comprendre son architecture. À la fin de la visite, il sera temps pour le groupe de se séparer. Il est temps pour moi de passer à la deuxième étape, la Montaña (Cerro Machupicchu) dominant le site, mon billet actif jusqu’à 10h. Nous arriverons avec PM à 9h55, et timbrerai mon passage à 9h59… 

Ce sont 1900 nouvelles marches qui nous attendent. Nous montons rapidement, fierté masculine oblige, et 50min plus tard, à 300 mètres du sommet, PM fait un malaise. Position de sécurité, mais cela ne sera pas suffisant; ses bras et ses mains se paralysent suite au manque d’oxygène. Je me sens très vite dépassé, et à plus d’une heure du premier secours, la situation peut vite devenir critique. Je parcours les escaliers au pas rapide, appelant de l’aide! Je trouve un infirmier français, plus que bienvenu, qui nous aidera. 20 minutes plus tard, PM en meilleur état, je profite de vite monter au sommet, puis de redescendre. Arrivé sur place, PM a retrouvé meilleure forme, et nous redescendons gentiment. 

Machu Picchu - Aguas Calientes, Pérou

Arrivé sur le site, je resterai sur place jusqu’à 15h, malgré un billet normalement limité à 12h. Car le Machu Picchu s'est vu depuis le 1er juillet doté de nouvelles mesures par l'UNESCO: en effet, le site s'abaisse de 3cm par année dû à l'abus de tourisme: plus de 12'000 personnes sur place le même jour l'année passée. À nouveau, un de ces profits démesuré que je rencontre au Pérou… 

Le blocage des trains aura au moins eu l’avantage de limiter le nombre de touristes sur le site. D’après les guides, il y aura ce jour-là deux fois moins de personnes qu’habituellement; même si habitué à voir très peu de monde, j’aurais l’impression de voir de nombreux touristes… 

Redescendre à Agua Calientes… 

Plus de 7'200 marches plus tard, après un treck de cinq jours, il est enfin temps de retrouver les copains restés sur place pour une bière bien méritée et un bon repas! 

 

Samedi 15 juillet, Aguas Calientes / Hydroelectrica

Petit déjeûner dans une boulangerie française, plaisir suprême de gastronomie, où deux cafés, un pain au chocolat et un croissant plus tard, nous reprenons la route pour Hydroélectrica. Cette fois-ci, l’écharde toujours présente, qui forme désormais une cloque d’une bonne taille me fait souffrir. Les 3h de descente le long des voies de chemin de fer, sur les cailloux, se fera douloureusement. Ce sera aussi l’occasion e retrouver Lucas en route, l’infirmier de la veille. 

L’occasion aussi de cueillir quelques avocats sauvages en route, et de traverser les tunnels des voies, cette fois-ci les trains circulant. Nous ne faisons pas les malins, les trains ne ralentissant pas, et l’espace entre les trains et le bord du tunnel ne nous laissant guère que quelques dizaines de centimètres. 

Arrivé à Hydroàlectrica, le temps de manger nos snacks achetés au départ, et d’essayer de trouver nos bus dans cette jungle de minibus où chacun hurle le nom de ses clients, ou l'a inscrit sur des feuillets… un joyeux bordel comme à l’accoutumée. 

Les routes du retour seront également chargées de rocs, autre souvenir des professeurs. Nous arriverons finalement à 22h30 à Cusco, fatigués après cette semaine intense. 

Le lendemain, nous nous retrouvons avec une partie du groupe. La journée sera calme, nous avons tous besoin de souffler. Après un bon repas végétarien, nous partirons en direction de St-Blas, le quartier bohème de Cusco, où un couple de français tient une crêperie et propose le meilleur chocolat chaud d'Amérique du sud qu'il m'ait été donné de goûter… 

Le lendemain, je ne peux plus poser mon pied par terre. La cloque, sur laquelle j’ai du marcher durant ces derniers jours sans pouvoir m’en occuper, me fait réellement souffrir. Il est temps de la nettoyer correctement, et m’impose un repos forcé, bien que bienvenu… 


Reserva Tambopata / Les trois grâces

Mercredi 19 juillet, Cusco

Au petit déjeuner, donner quelques conseils à trois filles françaises qui me proposent de les rejoindre le soir pour manger.

Le lendemain, au matin, se décider à se poser un peu, avant de quitter Cusco. Je réserve deux nuits supplémentaires, et me prépare. Les filles m’écrivent et me proposent de les rejoindre pour partir en Amazonie avec elles aujourd'hui même; je décline. Elles insistent, redoutables et ingénues, à tel point que finalement je cède. Redoutables. À défaut de me reposer, me voilà en train de renégocier avec l’hôtel pour annuler ma réservation (faite 15min plus tôt), tout en étant incertain d’avoir une place dans l’excursion, je passe à l’agence, vais chercher du change, confirme mon excursion, confirme mon check-out, fais mon sac, rejoins les filles pour prendre mes billets de bus. Elles auront alors des problèmes, ayant perdu une carte de crédit la veille, et la deuxième ne fonctionnant pas, j’irais rechercher à nouveau du change! Mes "trois grâces" ont la poisse, depuis déjà bien avant, et cela se confirmera jusqu'à bien après. Manger ensemble le soir, arriver au terminal, et prendre le bus pour Tambopata, réserve naturelle en Amazonie… 

Reserve de Tambopata - Puerto Maldonado, Pérou

Arriver au matin à Puerto Maldonado: l’Amazonie. Me sentir soudain de retour à la maison, apaisé. Je suis chez moi. Cette odeur, cette atmosphère humide, ces pistes poussiéreuses remplie de motos… Tout me rappelle mon séjours au sud de la forêt Amazonienne au brésil, il y a dix ans de cela. Je me sens chez moi, bien, sans pouvoir l'expliquer. Accompagné de notre guide et des trois filles qui m’on convaincues de les suivre (merci!), prendre un de ces tout-touc, barque typiquement faite pour traverser les eaux sans fond. Naviguer sur le fleuve Madre de Dios.

Manger un repas cuit dans des feuilles de la famille des bananiers, traverser des ponts suspendus à plus de 30m de hauteur, qui nous donnerons une vue magnifique sur la forêt, avant de s’enfoncer dans la réserve. Arriver à l’embouchure d’un petit fleuve où nous attendent des barques, et à l’aide de celles-ci, s’enfoncer plus encore, en pagayant cette fois-ci. Arriver à l’embouchure, nous donnant une vue incroyable sur le lac Sandoval, petit plan d’eau d’un ou deux kilomètres de diamètres. Alors, observer des loutres géantes jouer et chasser le piranha durant tout l’après-midi, sous un coucher de soleil incroyable. 

Reserve de Tambopata - Puerto Maldonado, Pérou

Reserve de Tambopata - Puerto Maldonado, Pérou

Au coucher du soleil, voir des dizaines de milliers de chrysalides vides tomber des arbres, comme une neige, soit autant de papillons qui éclosent. Un peu plus tard, voir ces mêmes papillons, adultes, venir pondre dans l’eau, dans une forme de danse, laissant leurs oeufs, qui, larves vivront dans l’eau avant de grimper aux arbres le moment venu pour se transformer. Ils sont des dizaines de milliers, à venir se frotter à nos lampes, se prenant dans nos cheveux, nos habits. Le lendemain matin, nous en retrouverons des centaines un peu partout, et dans nos affaires, bottes, sacs… 

La nuit tombée, dormir en moustiquaire et être certain qu’il pleut. De fait, ce n’est que le bruits des feuilles qui tombent portées par le vent, tant et tant… 

Le lendemain, s’enfoncer plus encore dans la réserve, zone où il est recommandé de faire très attention; des serpents très venimeux sont nombreux dans la région, attirés entre autres par le sang des femmes ayant leurs règles. Mes amies -toujours aussi chanceuses- se regardent alors avec un air de dépit… 

Reserve de Tambopata - Puerto Maldonado, Pérou

En chemin, observer les fourmis découpeuses de feuilles, et les regarder travailler de manière si organisées, certaines portant les feuilles, d’autres les découpant… Voir d’autres espèces de fourmis, mesurant presque deux centimètres, dont la morsure se compare à la douleur d’une balle de fusil. Observer tant de végétation différente, en parfaite symbiose, plus ou moins amicale. Des lianes plus grosses que l’arbre qu’elle parasitent, des arbres qui « marchent » selon l’orientation du soleil, créant de nouvelles racines à plus d’un mètre du sol. Goûter termites -gout de mente-, et larves -gout de noix de coco… 

Observer de petits caïmans, des oiseaux de paradis, des martins pêcheurs, les cormorans… 

L’après-midi, reprendre la barque et aller se baigner dans le lac; à trop m’éloigner au large, le guide me rappellera; anacondas, caimants et piranhas ne sont pas si loin. Mes amies sentiront d'ailleurs quelques uns de ces derniers leur mordiller les jambes… 

Sortir de nuit, dans cette forêt qui semble faire tout sauf dormir, dans une cacophonie de chants, bruits tantôt amusant et tantôt plus stressant, observer cette vie qui arrête de se dissimuler à la nuit tombée: Singes capucins, scorpions, fourmis, araignées tigres, tarentules, serpents, crapeaux, grenouilles, tortues, phasmes, chenilles venimeuses, caméléons… Notre guide s’arrête tous les deux mètres, sa lampe découvrant quelque chose, preuve de la biodiversité incroyable de cette forêt, alors même que notre oeil non entraîné nous laisse les bras ballants, incapable de déceler le moindre animal… 

Reserve de Tambopata - Puerto Maldonado, Pérou

Reserve de Tambopata - Puerto Maldonado, Pérou

Reserve de Tambopata - Puerto Maldonado, Pérou

Le lendemain, partir à la recherche des singes. Il ne nous faudra pas longtemps pour tomber sur un groupe de singes araignées, et les observer se gaver durant plusieurs minutes. Puis, trouver un point d’eau, mélange de boue et de sable que les indigènes utilisent à la manière des éléphants pour se laver, et couvrir leur odeur lorsqu’ils vont chasser. Faire de même, s’enduire de ce mélange, et attendre patiemment 20 minutes que cette boue sèche, avant de la rincer, laissant la peau douce, ce qui fera le bonheur des filles. 

À la tombée du jour, partir à la recherche de caïmans, naviguant à la lampe torche, leurs yeux reflétant la lumière des lampes. Trouver nombre de petits caïmans encore jeunes, pouvoir les approcher à moins de 50cm, admirant leurs mouvements ondulés. 

Et au retour, dans la nuit, par hasard tomber sur un caïmans de 3m, que nous suivrons près dune heures, sur ce lac, pagayant doucement, pouvant l’approcher à moins d’un mètre!!! Moment beau et intense! 

Reserve de Tambopata - Puerto Maldonado, Pérou

Dernier jour.

Levé à 3h, et partir dans le noir. Prendre la barque pour traverser le lac, et se retrouver au milieu de l’eau, dans la jungle, sous le ciel étoilé, la Voie Lactée visible à l’oeil nu, La Croix du sud au dessus de nous, juste le bruit des clafoutis de nos rames, à regarder l’aube se lever, et entendre au loin les clans de singes hurleurs émettre une forme de chant rauque et grave, qui berce la nuit. Moment unique, particulier, sauvage et beau! 

Traverser le lac et rejoindre un point où les oiseaux viennent à l’aube se gaver de sels minéraux. Nous pourrons alors observer de magnifiques haras et de petits perroquets, admirer le vols de haras bleus… 

Rejoindre le fleuve, puis Puerto Maldonado, ou nous reprendrons nos affaires et rejoindrons le terminal pour Cusco. La bonne étoile des compagnes de route faisant toujours défaut, notre route sera bloquée par la grève des professeurs pendant 4h, leur faisant manquer leur correspondance à Cusco… 

Fasciné par la patience et tolérance de ce peuple, ou une simple branche en travers de la route obligera une centaine de véhicule à patienter plus de 4h en plein soleil, sans que personne ne s’énerve ou ne cherche à passer… une acceptation de la situation, du destin… 


La vallée sacrée. 

Mercredi 26 juillet, Cusco

Au matin, visiter les ruines Inca de Cusco. Sacsayhuaman, impressionnant poste militaire, immense, toujours avec cet empilement de pierre Inca de plusieurs tonnes et 27 zigzags obligeant l’adversaire à montrer ces flancs en cas d’attaque. 

La Vallée Sacrée: Sacsayhuaman - Cusco, Pérou

Rejoindre Qenqo, ancien centre religieux, labyrinthe construit dans la pierre, où la salle principale était illuminée par une fenêtre en or, lorsque les rayons du soleil passait lors du solstice le 21 juin. 

Continuer en direction de Puca Pucará, ancien poste de contrôle, qui doit son nom à la couleur rosée que prennent les pierres à la tombée du jour. 

Et un des rare temple de l’eau, Tomba Mochay, avec différentes fontaines dont on ignore encore la source, leur débit ne changeant jamais, en pleine saison sèche, où lors de pluies abondantes… 

Puis attraper un bus en bord de route, et se diriger vers Pisac. Petit village entouré de montagnes imposantes qui cachent des ruines et des terrasses immenses. La montée est exigeante, et la fatigue n’aide pas… 

 

Jeudi 27 juillet, Cusco

Au petit matin, prendre un bus pour Ollantaytambo. La haute saison commence à se faire vraiment sentir. Une autre forme de tourisme se met en place. Une population qui ne s'intègre pas, ne parle qu'anglais. Ne s'adapte pas. Qui vient en Amérique du Sud, mais exige des services de qualité européenne. Alors que retrouver des compatriotes était source de réconfort, cela devient une sinécure; se sentir à part. Sentir naître la pitié et la colère. Chercher à les fuir, s'isoler, remettre mes écouteurs de plus en plus, à regarder la vie sans l'entendre, en musique, er calmement regarder les paysages, les choses, les gens, loin d'eux… 

Arriver à Ollantaytambo. Comme toujours, être impressionné par l’intelligence des Incas, et leurs vestiges. Prendre un bus à la place centrale pour les « Salinas », sans vraiment savoir comment y arriver. Après quelques explications avec le chauffeur, il me laissera en bord de route, à 20min de marche du lieu. 

Impressionnante collection de Salines (plus de 800!) depuis un petit ruisseau montagneux rempli de sel. Creuser les parois de la montagne, et sous une fine couche terreuse, les voir constituées exclusivement de sel, incroyable. Plus loin, trouver des milliers de coquillages tapissant le sol. 

Toujours sans réellement savoir comment poursuivre mon chemin, je fini par trouver une voiture qui m’enmène plus loin, à Moray. 

Las Salinas, Maras - La Vallée Sacrée, Pérou

Moray - La Vallée Sacrée, Pérou

Moray, ensemble de terrasses immenses, me fait le plus d’impressions. Ancien laboratoire Inca, avec une différence de 5° entre le bas et le haut des terrasses, permettant d’expérimenter l'adaptabilité des différentes cultures pour l’ensemble de l’empire Inca. 

Prendre un bus de retour, lent, qui me fera arriver à 19h à Cusco. 30 min plus tard, sac prêt, prendre un taxi pour le terminal. Arriver à 19h55, mon bus de nuit partant à 20h. Prendre la route pour Arequipa, le siège avant, au deuxième étage, voir cette ligne blanche continue devant les phares, hypnotisante, et cette conduite péruvienne, pas des plus rassurante… 


Arequipa.

Arrivée à 6h à Arequipa. Une nouvelle ville blanche, mais non pas comme Sucre pour son architecture, mais ici dû à son passé raciste, de ville exclusive de coloniaux (les blancs). Ville damnée, dominée par les volcans actifs Misti & Chachani, qui la surplombent à près de 6000m, impressionnants, et dont une éruption prochaine est prévue… 

Manger dans une Picanteria, de ces restaurants immenses, typiques de l’époque, qui eurent raison, à l’usure à force de nourriture et de boissons, du racisme présent. Terminer par une vue d'un mirador au coucher du soleil, avec une vue sur ces volcans impressionnants, telle une invitation… 

 

Samedi 29 juillet, Arequipa

Le matin, des nouvelles de ma famille m'annoncent que mon grand-père italien -mon Nonno- ne se porte pas bien. Convenir d’un rendez-vous avec mes parents, 3h plus tard, afin de les joindre quand ils seront près de lui. Visiter le plus grand couvent du monde, ayant contenu jusqu'à 400 nonnes. Petite ville dans la ville, remplie de cellules, de chapelles, de cloîtres et même de rues! Y voir une mise en scène de la Cène, où alors que tous les disciples sont blancs, Juda lui est de peau foncée… Arequipa! 

Trouver un wifi à l’intérieur du monastère, et là, dans ce lieu symbolique, parler une dernière fois à mon Nonno… 

Difficile de faire ses adieux à un proche ainsi, par téléphone interposé… 


Canyon de Colca. 

Dimanche 30 juillet, Arequipa

Lever à 2h, prendre un minibus qui m’enmène au Canyon de Colca. Premier arrêt à la Cruz Del Condor, mirador où, sur un bord de falaise bondé, nous admirons l’envol d’une petite dizaine de Condors qui cherchent les premiers thermiques matinaux. Je ne les aurais jamais vu d’aussi près, et ils sont impressionnants, tout comme il est impressionnant de les voir monter de plusieurs mètres en quelques instants, sans même battre des ailes, sous l’effet des thermiques. 

Canyon de Colca - Arequipa, Pérou

L'accès au canyon est payant, avec des tarifs différents pour les péruviens, les latinos et les occidentaux. Au final je ne sais pas si je préfère le risque d’être agressé en Argentine, contre ce vol officialisé au Pérou… 

Reprendre la route jusqu’à la périphérie de Cabanagrande, où tous se préparent avec leur guide, pour descendre dans le Canyon. Je suis le seul sans guide. J’appréhende un peu, mais la route, sentier unique, me rassurera très vite; je n’ai pas besoin de guide. Nous descendons, dans un canyon aride, les pieds glissant sur le sol sablonneux, en zig zag, et sous le soleil tapant; la vue est impressionnante. Arrivé au bas après 2h30 de descente, et 1000m de dénivelé, je poursuis mon chemin jusqu’à un petit bourg où je m’arrête manger. À nouveau, cet abus des prix péruviens: l’eau coûte ici 15 soles, soit 5x plus cher qu'ailleurs! Si la difficulté d'accès explique des prix un peu plus chers, cela reste abusé. 

Puis, contrairement au groupes qui prennent un chemin direct, je m’enfonce un peu plus loin dans la vallée, remontant de 300m et traversant d’autres petits villages, avant de redescendre et rejoindre Sangalle, petit oasis au milieu du canyon. Si tout est partout aride, Sangalle est vert, luxuriant presque, et quelques lodges avec piscines aperçus depuis le chemin me motivent pour les derniers kilomètres. Arrivé vers 15h30, juste avant que le soleil ne disparaisse derrière les falaises, le temps de plonger dans l’eau fraîche qui me fera le plus grand bien! 

Un petit Pisco Sour, une chaise longue, et le temps de se relaxer un peu avant le souper. Puis, vers 20h, aller se coucher sur des lits en pierre, se préparant pour les 1000m de dénivelé qui nous attendent au petit matin, sachant que le bus que je vise de prendre part à 9h de Cabanagrande. 

Canyon de Colca - Arequipa, Pérou

Lever à 4h45, préparer mes affaires dans le noir, et commencer à remonter le canyon. La montée sera longue, dure. Abrupte, en zig zag, sans jamais avoir l’impression d’en voir le bout, croisant les mules qui montent d'autres touristes. Je monte dans ce décor aride, laissant derrière mois l’oasis de Sangalle. Vers 8h, le soleil commence à se faire sentir. Je ferai la montée en 2h30. 

Arrivé à Cabanagrande vers 8h40, le temps de trouver le bus de 9h, de réserver un siège et d’aller prendre un rapide petit-déjeuner. Le bus doit partir à 9h15, je bois mon café en le surveillant du coin de l'oeil. Il ne partira finalement qu’après 9h30, me laissant le temps de prendre mon déjeuner tranquillement si j’avais su. 

Arriver à 15h à Arequipa, dans un bus bondé et chaud, inconfortable, qui peine à la montée des 4000m pour traverser les volcans. Aller prendre un café. Là, je redoute le pire, et active internet… J’apprends alors le décès du Nonno. Même si je le pressentais, le choc est dur… 

Le soir, je me rendrai à la Cathédrale afin de m'y recueillir. Puis je passerai à une agence de treck afin de forcer le destin: aucun groupe n'est formé actuellement pour escalader le volcan Chachani, mais je veux le faire. C’est symbolique, mais tellement important pour moi: je veux gravir ce sommet -passer 6'000 mètres- en mémoire de mon Nonno! Je ne quitterai pas Arequipa avant de l'avoir fait! 

Ensuite, aller manger dans un restaurant haut de gamme. Patienter pour une table, en prenant un whisky à sa mémoire. Ce soir, l’esprit n’est plus au budget, et whiskey, vin, couleront à flots. Ce soir j’honore la mémoire de mon parent dans l’abondance. 

Je réalise une nouvelle fois tout ce que mes grands-parents ont fait pour nous. Combien ils ont étés généreux, et combien ils ont sacrifiés. Et je réalise que nous faisons alors partie de cet héritage qu’ils laissent derrière eux. Nous sommes leurs traces. Leur descendance, leur suite. Nous représentons ce pour quoi ils se sont battus; pour nous. 

Je veux alors être à la hauteur de leur générosité, de leur bonté. Je veux être digne de ce qu’ils ont sacrifié pour nous. Je veux faire fructifier cet héritage qu’ils ont laissé, en être à la hauteur, mériter ce qu’ils ont investi en nous.

Je vais faire de mon mieux pour réussir ma vie, pour être quelqu'un de bien, à la hauteur de votre exemple. Une nouvelle fois, merci du fond du coeur pour avoir fait de nous ce que nous sommes. Je vous suis infiniment reconnaissant… 


Volcan Chachani.

Mardi 1 août, Arequipa

Au petit déjeuner, réussir à former un groupe pour escalader le Chachani. Je suis heureux! Aller dîner dans un restaurant franco-péruvien. Y être accueilli par une journée spéciale «Suisse» pour le 1er août, Stefan Eicher entonnant «Déjeuner en Paix» dans les enceintes; quel bien d’entendre ce morceau par hasard. Le menu propose papais Vaudois, émincé à la Zurichoise… Cela aura l’avantage de me redonner quelque peu le sourire. 

Le lendemain, journée calme. J’encaisse encore la nouvelle. Aller à l’agence. Après les diverses instructions et le choix des équipements, nous passons faire les achats nécessaires pour le lendemain, et retournons à l’hôtel. Le temps de vider nos sacs principaux, et de les remplir avec l’équipements nécessaire, puis nous partons manger. Nous arrêterons dans un Chifa, ces restaurant chinois version péruvienne qui emplissent tous les coins de rue. Retour à l’hôtel, et on se couche tôt. 

 

Jeudi 3 août, Arequipa

Petit déjeûner. Notre prochain repas sera notre souper, nous nous efforçons donc de manger autant que possible. Après être rassasié, nous mangeons encore un peu, histoire de faire le plein d’énergie pour la montée. À 8h, direction l’agence. Le temps de refaire nos sacs avec l’équipement de l’agence, de signer une décharge et d’évaluer nos capacités, et nous repartons en 4x4. Après deux heures de route, bien secoués sur une pistes sablonneuse, nous arrivons au poste de dépôt. Puis direction le camps de base: une petite marche d’une heure qui nous mène à environs 5000m. Monter les tentes, repos, adaptation, et le souper nous attends à 16h. Des pâtes et une boîte de thon pour 5. 

À 17h, le soleil se couche gentiment, et le froid se fait déjà sentir. Le temps d’admirer un coucher de soleil incroyable, et nous allons nous coucher. Mes compatriotes redoutent la montée du lendemain, pour ma part c’est surtout le froid de la nuit que je redoute.

Volcan Chachani - Arequipa, Pérou

Mon instinct et mon expérience en Bolivie ne m’auront pas trompé. Impossible de dormir à cause du froid, je suis parsemé de frissons, et j'ai le ventre noué par le froid. Nous nous levons vers 1h du matin, déjeunons d'un bout de pain et de maté de coca. Il fait à peine plus que zéro degré. Nous commençons à marcher sous la lumière de la lune et malgré mon mal de ventre soutenu, cela me parait plus facile que ce que je redoutais. 

Mais la lune descend derrière l'autre versant, et la nuit se fait plus dense. Et nous savons que plus nous avanceront dans la nuit plus la température s’abaissera, atteignant -15° juste avant l’aube, de même que nous monterons en altitude. Après environs 1h de marche, je vomi, me dégageant un peu le ventre. Mais c’est alors le froid qui prend place, les extrémités gelant. Nous faisons attention à toujours pouvoir bouger nos doigts et doigts de pieds et continuons de monter, de petits pas, de 30cm à peine, nous arrêtant toutes les 3min environs pour une petite pause de quelques secondes, où nous soufflons à toute haleine. Nous montons durant près de 8h. 

Je suis tellement fatigué que je dors presque en marchant, je suis dans un demi-sommeil. Et durant ces pauses de moins de 2min j’arrive à m’endormir. 

L’arrivée de l’aube nous remontera le moral, et la température se fera plus clémente. Nous savourons chaque centaine de mètre de dénivelé gagnée, nous rapprochant du sommet, de même que la respiration se fait difficile au fur et à mesure. Le mal de tête commence… 

Le parcours devient critique; devoir s’arrêter tous les 10 pas. Compter pour ne pas risquer de s'arrêter avant. Parfois, après trois pas, il est nécessaire de s'arrêter à nouveau. Souffler à toute haleine. Avoir la sensation d’étouffer, de ne pas pouvoir reprendre son souffle malgré des inspirations profonde: un poisson hors de l’eau. 

Volcan Chachani - Arequipa, Pérou

Volcan Chachani - Arequipa, Pérou

Arriver au sommet, et s’endormir immédiatement d’épuisement. Le guide nous appelle pour redescendre, je n’ai même pas la force de me réveiller, je continue à dormir. Je resterais 20 minutes ainsi. 

La descente sera plus facile, mais je m’arrête toutes les 3min, je n’ai plus d’énergie. Rien de compliqué, mais incapable de continuer, je suis vidé… 

 

Samedi 5 août, Arequipa

Aujourd'hui a lieu l'enterrement de mon Nonno. Passer la journée tranquillement à l’hôtel, préparer mes affaires, me reposer sur la terrasse. Sentir que je faiblis, je commence à tomber malade, contrecoup de l’ascension. À midi, appeler mes parents, seul sur la terrasse de l’hôtel. Durant l’appel, un colibri, là en pleine ville, viendra voleter près de moi! Pour les Incas, le colibri est l’intermédiaire entre les hommes et les dieux, et une scène particulière du film Benjamin Button me revient en mémoire… 
Mi manchi Nonno… 

Prendre le bus à 21h.